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N° 255
Samedi 21 Juillet 2007
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Par Fahd Iraqi
Télécoms. Wana est arrivé
Le staff dirigeant de Wana,
durant la présentation officielle du nouvel opérateur télécoms.
(RT)
Sous le nom Wana, Maroc Connect vient de faire son entrée sur le marché des télécoms. Et à en croire les premières annonces, le troisième opérateur a les dents longues…
“Un nouveau souffle pour faire bouger les choses ?”. Désormais, le voile est levé sur la campagne de teasing lancée par Maroc Connect pour annoncer son arrivée sur le marché des télécoms. Wana devient ainsi la nouvelle dénomination de l'ancien fournisseur d'accès Internet qui, en tombant dans l'escarcelle de ONA - SNI et en décrochant des licences fixe et mobile, ambitionne de devenir aujourd'hui un opérateur global de télécommunications.
Un nouveau patronyme qui sonne comme la contraction de la marque commerciale Wanadoo, que Maroc Connect s'acharnait à installer alors qu'elle était encore dans le giron de France Télécom. “Ce n'est pas le but, tient à préciser Nadia Rahim, directrice marques & publicité. L'idée était de trouver un nom résolument marocain, qui exprime une proximité avec la clientèle mais aussi un nom qui peut être exporté à l'international à terme”. Mais avant d'en arriver là, l'entreprise doit d'abord prendre ses marques sur le marché marocain.
Carte maîtresse : le prépayé
Wana devrait ainsi dévoiler, dans quelques semaines, ses premières offres. Premier terrain attaqué : le segment du fixe à usage résidentiel. “Il est compliqué d'annoncer une date précise. Les vacances de fin d'année et l'Aïd El Kebir ont compliqué quelque peu les choses. De petits retards de quelques jours peuvent intervenir dans la décoration des magasins de nos distributeurs ou encore dans l'installation des derniers pylônes. Mais il est certain que tout sera bouclé avant la fin du mois”, confie Karim Zaz, PDG de la société, qui n'en dira pas plus sur le détail des offres. Néanmoins, le nouvel opérateur affiche déjà la couleur : une réelle agressivité sur les prix. “Nous allons opérer une baisse tarifaire qui sera assez visible sur le marché”, promet Réda El Mejjad, directeur du pôle grand public. “Notre objectif est de favoriser l'usage et pas seulement l'accès aux télécommunications”, surenchérit de son côté Karim Zaz. En effet, la consommation moyenne des utilisateurs de cartes prépayées au Maroc est de 20 minutes par mois, alors qu'en Inde, par exemple, elle est de 20 minutes par jour.
Wana compte aussi se positionner via une approche innovante dans l'usage du fixe. “Notre politique commerciale sera axée sur une levée des barrières existantes, comme l'engagement d'abonnement, en proposant des formules de prépayé. Et ceci autant pour la téléphonie fixe que pour Internet”, explique le patron du troisième opérateur. Une approche rendue possible par le choix technologique opéré par Wana. En optant pour la norme CDMA (Code Division Multiple Access), l'ex-Maroc Connect optimise son réseau qui permet, sur la base d'une technologie mobile, d'introduire les services du fixe et d'Internet. Une technologie qui a déjà fait ses preuves aux quatre coins de la planète. Un test grandeur nature est d'ailleurs effectué depuis plusieurs mois au Maroc, auprès d'un millier de ménages choisis parmi les salariés du groupe ONA - SNI. “Ce choix technologique nous facilitera la tâche quand il s'agira de proposer des offres mobiles vers fin 2007”, expliquent les dirigeants de la société.
Une optique pour les entreprises
L'offre entreprise, pour sa part, a déjà démarré discrètement depuis le début du mois de décembre dernier, avec le lancement d'un service de transmission de données, destiné essentiellement aux entreprises opérant dans l'off-shoring. Le service voix, en revanche, ne devrait faire son apparition que dans quelques mois. “La portabilité (Ndlr. La possibilité de changer d'opérateur tout en conservant le même numéro) ne devient opérationnelle qu'à la fin mars. Nous avons donc préféré attendre cette échéance pour avoir un argument de plus devant nos clients”, confie Karim Zaz. Forte déjà d'un portefeuille de 4500 entreprises clientes de ses services Internet, Wana compte faire du segment entreprises son véritable fer de lance. “Une force de vente en interne s'attaquera aux gros comptes, alors que les PME devraient être desservies via un réseau de distributeurs actuellement en cours de sélection”, explique Mounir Qalam, directeur du pôle entreprises. Et sur ce segment aussi, l'innovation technologique devrait être au rendez-vous. “De grandes annonces se feront prochainement et ne manqueront pas d'intéresser les sociétés de l'off-shore”, promet-on encore une fois. Des annonces qui porteront forcément sur la fibre optique, sachant que Wana a déjà signé un partenariat avec l'ONE, lui donnant accès aux 4000 kilomètres de fibres optiques qui sont même reliées au réseau espagnol.
Toutefois, le nouvel opérateur est conscient que pour se faire une place dans la cour des grands, il devrait miser gros sur la communication. Ainsi, une bonne partie du budget d'investissement (fixé à 6 milliards de dirhams sur les trois prochaines années) seraient engloutie dans des campagnes publicitaires. “Il faut que notre visibilité soit à la hauteur de nos ambitions”, assure Karim Zaz.
Wana convoite en effet une part de marché à terme entre 15 et 20%. En d'autres termes, la société espère attirer quelque 4 millions de clients dans les cinq prochaines années pour un chiffre d'affaires de 5,5 milliards de dirhams. À plus long terme, le nombre de clients devrait culminer à 6 millions et le chiffre d'affaires à 8 milliards de dirhams. Quant à la rentabilité, l'équipe dirigeante met la barre très haut, tablant sur un équilibre financier dès l'exercice 2010.
Des projets et des annonces qui ne manqueront pas de mettre la puce à l'oreille des deux opérateurs concurrents, qui seraient déjà sur le pied de guerre. À n'en pas douter, l'année 2007 sera particulièrement animée sur le marché des télécoms !
Entretien [Karim Zaz].
“Nous sommes fiers du soutien de l'ONA”
Le marché du fixe stagne quand il ne régresse pas. Est-ce que ce n'est pas insensé de s'y lancer aujourd'hui ?
Nous ne voyons pas les choses de la sorte. Nous voyons plutôt le grand potentiel qui existe dans ce marché. Le taux de pénétration avoisine aujourd'hui les 4%, alors que dans des pays voisins, ce taux est trois fois plus important. L'étude de marché réalisée par l'ANRT table d'ailleurs sur un taux de pénétration de 12% à l’horizon 2015. Cela ne veut pas dire, pour autant, que nous avons la prétention de combler ce déficit de 8 points. Nous voulons seulement prendre part à cette croissance qui ne manquera pas de venir.
Et comment comptez-vous vous y prendre ?
Notre approche consiste à faciliter l'accès. Aujourd'hui, que ce soit pour une ligne fixe ou pour l'ADSL, l'abonnement constitue un frein à la consommation. Nous visons à faire sauter cette barrière et ramener le téléphone et Internet dans les foyers sans contrainte, en nous basant tout simplement sur le système du prépayé. C'est déjà un premier argument commercial que nous allons faire valoir.
Vous axez votre offre sur le prépayé alors que c'est un marché volatil. Comment pensez vous gérer cela ?
Déjà sur le plan technologique, nous utilisons le CDMA. Le choix de cette technologie est dicté par le souci d'utiliser le même réseau pour lancer le fixe, la connexion Internet et, à terme, le mobile. Et c'est surtout une technologie incompatible avec le GSM. Le client qui utilisera notre téléphone ne pourra pas changer une carte SIM pour avoir accès aux réseaux de nos concurrents.
Du temps où vous étiez un simple fournisseur d'accès à Internet, vos recours devant l'ANRT se soldaient invariablement par des échecs. Aujourd'hui, ce serait plutôt le contraire. C'est quoi le secret ?
C'est faux. Notre premier litige avec l'opérateur historique portait sur les forfaits Internet. L'ANRT nous avait donné raison, mais les failles juridiques de l'ancienne loi sur les télécoms ont compliqué les choses. Nous avons connu un autre litige, au sujet du prix du trafic de téléphonie, lors du lancement de l'ADSL. Et là encore, l'ANRT avait tranché en notre faveur en bloquant l'offre de l'opérateur historique pendant presque un an, le temps que le litige soit réglé. Nous avons donc toujours eu gain de cause, malgré le fait que nous soyons une petite entreprise opposée à un mastodonte.
Est-ce que le fait d’appartenir aujourd'hui au groupe ONA ne pousserait pas l'ANRT à vous donner raison à tous les coups ?
Récemment, nous avons saisi l'ANRT parce que nos concurrents voulaient nous imposer des conditions tarifaires pour l'interconnexion totalement injustifiées. L'Agence nous a donné raison car nous étions dans notre droit. Et puis, il ne faut pas oublier que Maroc Telecom est une entreprise où l'Etat a toujours des intérêts. Méditel, de son côté, compte aussi des actionnaires influents comme la CDG ou le groupe Finance.com. Donc, même nos concurrents ont une forte capacité de lobbying. Cela dit, nous sommes très fiers que notre actionnaire nous soutienne dans notre action, tant que cela reste dans le respect de la règle du droit et de la concurrence loyale.
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Friday, July 20, 2007
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